Les clowns sacrés (Tony Hillerman) **
- Bob Tazar

- 29 nov. 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 févr. 2021
Polar navajo terne comme un désert sans cactus
Persuadé de tenir une pépite entre mes mains fébriles avec ce polar navajo susceptible de se trouver en bonne place aux côtés des polars samis de Olivier Truc, mongols de Yan Manook ou zoulous de Caryl Férey, je suis tombé de haut. Sans me faire mal, fort heureusement.
Les héros, Jim Chee et Joe Leaphorn, travaillent pour la police tribale navajo (à rapprocher de la police sami des rennes, d’Olivier Truc), ce qui laissait augurer de très bonnes choses.
Mais, problème, le côté Navajo de ce polar, ethnologique à l’extrême, est carrément universitaire. J’ai eu l’impression de lire une thèse de doctorat, intéressante, certes, mais réservée à des spécialistes : « Premièrement, personne ne pouvait affirmer avec certitude que cette fille de l’homme du Peuple de la faim était une sœur de clan de ce fils du Peuple à la Parole Lente et du Dinee de l’Eau Amère, et deuxièmement, la voie de la Beauté du Peuple Navajo était minée par de jeunes shamans qui étaient trop paresseux pour apprendre les règles que le Peuple Sacré avait enseignées, ou trop disposés à mal exécuter les rites cérémoniels et, par conséquent, à les adapter au monde des biligaana. » Glossaire obligatoire (disponible à la fin de l’ouvrage), ce qui altère forcément la lecture. Et, en ce qui me concerne, le plaisir.
Quant à l’intrigue, un trafic de cannes sacrés qui fait, là encore, penser aux tambours samis de Truc, elle se révèle terne à souhait et ne parvient malheureusement pas à faire décoller l’ensemble.
La série navajo de Tony Hillerman comportant dix-huit romans (celui-ci est le onzième), je retenterai ma chance. En commençant, tant qu’à faire, par le premier. Affaire à suivre...




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