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Une douce flamme (Philip Kerr) *****

  • Photo du rédacteur: Bob Tazar
    Bob Tazar
  • 9 nov. 2020
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 févr. 2021

Polar nazi

Cinquième opus (après l’extraordinaire Trilogie berlinoise et « La mort, entre autres ») des aventures de Bernie Gunther, détective privé cynique et désabusé. Cynique et désabusé, on le serait à moins. Bernie Gunther, dont les aventures chevauchent l’histoire allemande des années 30 à 50, s’est, en effet, retrouvé plongé (malgré lui, mais quand même) en plein cœur du système nazi. Ce qui, contrairement à ce que disait l’autre, est loin d’être un détail. Et peut légitimement entraîner de légères séquelles psychologiques.


L’action de « Une douce flamme » se déroule en Argentine et à Berlin. Après guerre en Argentine, pays devenu la terre d’exil de nombreux nazis déchus et désireux de couler de vieux jours heureux sans tracasseries superflues. Avant-guerre à Berlin, en 1932, à l'aide de flash-back réguliers sur une vieille enquête non résolue.

Bernie Gunther y côtoie aussi bien des personnages de fiction (Anna, une jeune femme juive dont il tombe amoureux) que d’autres malheureusement bien réels (et qui sont rarement les meilleurs...). Eichmann ou Mengele, dans cet épisode, sans oublier Perón, le dictateur-hôte.


Style vif et alerte, intrigue prenante, réalisme historique, ton caustique qui laisse la part belle aux citations chocs. Une réussite !


« J’avais déjà vu des affiches électorales favorables à Hitler moins ouvertement nazies que l’appartement de Schwarz ».


« De temps à autre, il posait le stylo et portait le cigare à sa bouche. Je m’amusais à guetter le moment où il mettrait le stylo dans sa bouche et essaierait d’écrire avec le cigare ».


« J’avais pas mal entendu parler de Proust. Un de ces jours, il allait falloir que je m’invente une excuse pour ne pas le lire ».


« Grund fit la grimace.

- Tu es trop mou pour être flic, tu sais ça ?

- Venant d’un nazi de ton espèce, je le prends comme un compliment. »


« Les signalements donnés par les témoins étaient vagues, bien entendu. Mais tous les assassins se ressemblent quand ils portent une chemise brune. »


« Personne ne dit rien. Mais ils étaient quand même tout ouïe. Quand le type qui parle tient un flingue, ça vaut la peine qu’on l’écoute. »


« - Vous parlez comme si les nazis allaient gagner les élections, Bernie.

- Je continue à espérer que non. Et à craindre que oui. (…) Dans ce boulot, on rencontre des fainéants, des idiots, des pervers et des je-m’en-foutistes. Hélas, c’est ce qu’on appelle un électorat. »


« Nous déjeunâmes. Les steaks étaient bons, comme la nourriture en Argentine. A condition de commander un steak. »


« En vérité, je me sentais aussi nerveux qu’elle. Encore plus, probablement. Quand vous avez vu autant de morts que moi, vous savez combien il est facile d’en devenir un. »


« Il gloussa à nouveau. On aurait dit une chasse d’eau qui se vide. »


« Il s’agissait d’un tueur. Peut-être pas du style à tuer pour le plaisir, mais certainement du style à tuer sans avoir la moindre idée qu’on puisse en perdre le sommeil. »


« Je le giflai à nouveau, rien que pour le plaisir. J’aurais pu le gifler tout l’après-midi. Il y a des gens comme ça. Qui font ressortir ce qu’il y a de pire en vous. »


« Je payai quand même ma chambre pour le mois, au cas où. Ce qui ne fut pas sans rassurer les Lloyd. Perdre un client est une chose. Perdre un client qui n’a pas payé en est une autre. »


« Après tout, il est facile de cesser de croire en Dieu quand on a cessé de croire en tout le reste. Quand on a cessé de croire en soi-même. »


« Pourquoi les communistes ne savent-ils pas nager dans le Rio de la Plata ? Parce qu’ils ont les mains attachés. »



Une douce flamme, de Philip Kerr
Polar nazi

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