Indian psycho (Arun Krishnan) ******
- Bob Tazar

- 4 août 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 févr. 2021
Polar indien déjanté
Un immigré indien à New-York, Arjun, mène une brillante carrière de publicitaire. L’incarnation du rêve américain pour cet orphelin maltraité, issu de basse caste. Véritable gentleman, admirateur de la sage parole du Bouddha, naïf, maladroit, distrait et rêveur. Un vrai gentil… Arjun trace sa nouvelle route new-yorkaise sans jamais oublier ses origines, ni ses traumatismes. Un bel exemple de réussite sociale, de gentillesse et de modestie, avec une légère réserve, cependant : Arjun est un sérial-killer psychopathe, accro aux réseaux sociaux dont il se sert pour massacrer allégrement et à coups de couteaux la plupart des gens qui croisent sa route.
L’histoire est racontée du point de vue d’Arjun, auquel on finit par s’identifier et pour lequel on tremble lorsqu’il risque de se faire arrêter. L'ami Arjun, en effet, n'est plutôt ni adroit, ni prudent, et est foncièrement distrait…
Polar indien, même si se déroulant à New-York (de par l’importance des flash-backs sur l’enfance du « héros »), satire féroce des réseaux sociaux (dont l’absence de protection des données personnelles font courir un danger de mort aux utilisateurs)…
Un vrai petit bijou d’humour noir et décalé, original et totalement atypique.
« M. Clarkson m’avait dit une fois que la clé d’une vie heureuse était de vivre l’instant présent. À mon avis, c’est idiot, en particulier si les problèmes auxquels on est confrontés ont lieu dans l’instant présent. Lorsque je veux me sentir mieux, je trouve bien plus efficace de me projeter dans l’instant présent d’autres personnes. Il est plus facile d’être heureux en songeant que la situation pourrait être pire encore.
Bien sûr, cela ne sert pas à grand-chose de s’imaginer la vie d’un petit Erythréen ou d’un petit Birman. Ces enfants sont si différents de nous à tout point de vue qu’il est difficile d’établir la connexion empathique nécessaire pour les regarder de haut avec une réelle conviction. »



Commentaires